1. JOUE DU BOIS

 

Les habitants de Joué Du Bois se nomment:

Les   GAUDIACÉENS

                                      

Altitude moyenne:  317 mètres

   Superficie:        2108 hectares      

             La commune de Joué Du Bois est située sur la ligne de faite des collines de Normandie qui séparent le bassin de l'océan de celui de la Manche.

            Cette ligne y pénètre par la pointe S.E,  qui s'appuie sur Lignières Orgère, passe par le grand axe de l'église et s'avançant au sud va sortir entre la

            Chaux et le Mont Du Four, sur Rânes. 

                 Avant son entrée, elle a franchi le sommet du Monthard dont l'altitude, la plus élevée de la contrée, atteint: 372 m, elle offre les sommets ou plateaux

             de l'Aune,  325 m, du Haut Désert, 319 m ; du Rocher-Thébert: 333 m ; de la Noé, 316 m ;  de l'Église, 310 m ; du Theil, 302  m ;du Hamel, 326 m ;

             de la Safarière: 321 m ;du Bois Gautier, 309 m, et en contournant les sources de la Gourbe à l'ouest, du ruisseau du Moulin-Couillard (il et plus connu

             sous le nom de la; Héronnière) à  l'est, elle va faire coude au signal du Mont Du Four, haut de 316 m.

             Entre ces hauteurs, généralement boisées, s'ouvrent des vallées moyennement profondes, le plus souvent à coteaux assez peu inclinés pour admettre

             la culture; et, au fond de ces vallées, coulent de petits ruisseaux, qui se rendent, à l'ouest dans la Gourbe, et à l'est dans l'Udon.

                      En 1593 Gabriel De Fontenay, Seigneur Du Bel acheta  le château de Joué Du Bois et mourut peu après.

                      Marguerite Terre sa veuve apporta l'acquit de part son  mariage à Philippe Langlois seigneur De La Poterie,                  

                      décédé en 1615 trois ans après sa femme laissant un fils, Claude.

                      Joué Du Bois parvint en 1752 à Marie-Madeleine Langlois femme de Joseph, Alexandre Blanchard, Sieur

                      D'Amanville  dont il hérita en 1783.  Son neveu Louis Des Rotours tombé dans la gêne vendit les terres

                      et le manoir du bourg à Thomas Lenoir Grand pré qui fut le dernier seigneur de Joué Du Bois.

                     Son petit fils Jean-Jacques épousa en 1830 Victoire Du Bois Tesselin (dont la tombe existe encore aujourd'hui

                      au cimetière de Joué Du Bois et restaurée par le patrimoine en 2006).

                      En 1649 Suzanne Matrot épousait François Langlois seigneur de Joué Du Bois fils de Philippe cité plus haut et  

                      de Catherine Du  Four.

                      LE MANOIR DE MOTTEY: ( Disparu)

                  Il appartenait a la famille DU BOIS, vielle maison chevaleresque.

                      Guillaume DU BOIS, seigneur des Yveteaux, sieur du Mottey est signalé en 1463 et mentionné comme ancien noble

                     dans la Recherche de Montfaut.

                      En 1475 (le 15 juillet) il vend les Yveteaux à Frallin Vauquelin, écuyer anobli de l'année 1472.

                      René DUBOIS, son fils, sieur du Mottey, vient alors habiter Asnebecq.                

                      Le 06 avril 1777 les deux frères Du Bois Tesselin  Jacques Constantin et François Côme achetèrent  Le Bel.  

 

                                     Relevé sur le livre tradition du terroir canton de Carrouges Tome 2

 

             * Le bel 1/4 de fief relevait aussi d’Annebecq envers lequel il était astreint a une livre de rente annuelle. Richard De Fontenay

            en rendit aveu en 1373 et 1382 Thomas en 1450 , Jean en 1480, 1484 et 1486. Un autre Thomas en 1523.

          Gabriel en 1593, acheta le logis de Joué Du Bois et le vendit le Bel à Jacques Matrot, sieur du Val.

           A Jacques succédèrent son fils Jean, puis Pierre, frère de Jean, décédé en 1645.En 1649 Suzanne Matrot épousait François Langlois

           seigneur de Joué Du Bois ( fils de Catherine et Philippe Du Four ) à cette occasion les vassaux durent payer la robe de noce

             et réparer la Motte  féodale.

          Les époux se fixèrent au bourg. Mais a la mort de Jean en 1649 intervint le morcellement du fief.

              * Louis Etienne, sieur Du Taillis, marié à Marguerite        

         ( sœur cadette de Suzanne ) dont il devait une nombreuse lignée, s’installa au Bel ou lui succéda Henry Etienne l’un de leurs fils

         époux de Françoise Du Bois qui lui donna beaucoup d’enfants.

          L’aîné Louis Henry Etienne fut uni à Catherine Mauger.

             * En 1745 Louise, Catherine, Françoise Etienne leur fille épousa dans la chapelle du Bel, Pierre Robert Neel  seigneur de Sainte Marie Laumont.

             * Le nouveau ménage quitta le pays confiant la gestion Du Bel aux tantes de la femme. En 1754 l’aînée de celle-ci se titrait dame Du Bel

         puis ce fut la sœur cadette Louise Jacqueline Etienne jusqu'à son décès en 1775 elle laissait le domaine à ses neveux par alliance.

                1. Renard Du Buc et Alexandre Morel D’Ache qui le 6 avril 1777 en firent vente à Jacques Constantin, mousquetaire du Roi puis dragon de Conti

            et François Côme Damien Du Bois Tesselin avocat et poète de Beauvain, les deux frères moururent en émigration, Jeanne De Commargon, veuve de

            Jacques Constantin   fit racheter par un ami les biens confisqués. La famille Du BoisTesselin  existe toujours, mais c’est seulement voila

        quelques années  qu’elle à découvert le domaine ancestral.     

           * L’Abbé Macé qui a étudié la question féodale, cite comme fiefs relevant Du Bel :*

               2.  La Bélliére ayant appartenu aux Brossard, à Richard De Condé, à François Langlois, enfin à  Jacques De Ronnay 

               3. Les Illiéres apportées en mariage à Jacques Marie Du Bois De Neuville par Marie Matrot .

           

*     En 1327 Joué Du Bois s’écrivait   < Jouey Du Bois >

Le nom de Joué Du Bois vient de Gadiacum, formé du nom du possesseur gallo-romain et le complément

évoque la nature boisée du sol *

Joué Du Bois.

Carte Cassini

                                                   

Sur cette carte de La Chaux on voit le village "BOIS TESSELIN"    

    ARCHEOLOGIE PREHISTOIRE

        Les dolmens de la Pierre au loup (Taillis des Rochers, section E) et de la Grandière (section G) ainsi que le menhir des Outres (sur la Rn 808, sortie du bourg

         vers La Ferté Macé, (section E), tous trois classés, ont été décrits avec soin par le comte de Contades, qui les a fait dessiner.

         Mais d'autres encore ont été proposés à l'attention des savants: Dolmens du fief Boitard, de la Louvière, de la Conillère, cromlech des parcelles H, 28 et 37.

         Mais le Dr Hubert ne retient pour authentiques  que le menhir des Outres et le dolmen de la pierre au Loup. a aucun de ces monuments ne s'attache de légende.

   

   

         GEOLOGIE - Le territoire est entièrement situé sur le long massif granitique de La Ferté-Macé qui s'étend d'une façon presque continue depuis la région de

        St-Denis-sur-Sarthon  et de Saint-Sauveur-de-Carrouges jusqu'au nord de Domfront.

       C'est dire que le sous-sol de la commune est constitué par les granites, décomposés en surface en arènes (sables) granitiques

Le paysage est celui de toutes les régions granitiques, très vallonné. Dans chacun des petits vallons s'écoulent des ruisselets alimentés

        par les suintements des eaux qui s'accumulent dans l'arène

        superficielle. Le Fond de ces vallées est recouvert de couches souvent importantes de tourbe.                       (J. Onfray).

        ÉTAT AGRICOLE - En 1817/ les labours 983 ha., prés 674 ha., bois 337 ha., En 1954, respectivement 402, 1236, 337.

        ÉTAT COMMERCIAL. - Petit centre commercial; le marché du mardi réduit à peu de chose.

        ÉTAT INDUSTRIEL. - Le double avantage d'eaux  abondantes et d'un relief favorable a donné naissance à plusieurs industries disparues l'une après l'autre

        et qui ne nous sont plus révélées que par des ruines ou des appellations cadastrales:

   

        Métallurgie: La Brousse (forge), Le Fourneau (du fief de La Chaux), La Fenderie, La Poêlerie (l'usine aux poêles) transformée en usine

        électrique maintenant abandonnée.

       Tanneries: La Villière (les bâtiments et le moulin à tan existaient encore en 1817), Le Mesnil, Le Theil, Le Haut-Désert.

        Moulin à Foulon: Le Moulin Fouleux, pas de trace de bâtiments

        Moulins à grains: Moulins dits de La Chaux, banaux de Joué, un encore en état de marche, Moulin de Besnard, banal du Bel, Moulin de la Héronnière

        ou de Puces, démoli; est-ce  le moulin d'Auny porté à l'état de 1809?

        Moulin à vent de la Barillière, indiqué au cadastre de 1817 comme déjà démoli.

        Four à chaux à La Villière.

       Oseraie : Un essai de culture de l'osier à l'étang du Fourneau n'a pas réussis; tout à l'opposé, près Besnard, on note le lieudit l'Oseraie.

        Vannerie, crée vers 1850 comme filiale d'une maison de la Manche, comptait 8 à 10 ouvriers; aujourd'hui, Albert Lepourry (avec un ouvrier),

        le seul de l'Orne, travaille l'osier rond provenant des bords de la Loire.

   

        LE GRANIT a été l'objet depuis l'origine de la principale industrie. Les maisons de granit, dites "anglaises" sont en réalité beaucoup plus anciennes

        (Cf. G. Hubert: Le livre de Marie d'Espagne).

        Ici ce matériau ne se présente pas en bancs continus mais en masses isolées, noyées dans le sable ferrugineux; aussi la croûte est-elle teintée de rouge

        qui parfois reparaît dans ce matériau débité et mis en place.

         Ces noyaux sont d'importance variable, jusqu'à 10 m. de longueur sur 5 à 6 d'épaisseur, et d'ou l'on a retiré d'imposantes croix: Séez, Saint-Gervais du Perron,

        Pré-en-Pail, Champsecret, Ciral, Guêprei... Ces masses sont aussi de qualité diverse, depuis la "pierre verte", ultra dure jusqu'à la "pierre rouge"

        qui n'est guère que du sable aggloméré.

        Vers 1700, des granitiers de Vire (les Viretons) apportèrent de meilleur méthodes de travail et l'exploitation prit alors un grand développement; vers 1850

        on comptait près de 300 ouvriers.

        Aujourd'hui seuls deux carriers restent en activité, Dufour et Guillouard, à la Raitière. On taillait des bordures de trottoirs et des bouches d'égout pour Paris,

        des colonnes, des dalles et tout ce qui était demandé pour le bâtiment.

      La production s'écoulait dans toute la Normandie et jusqu'en Hollande (Vantroys) et en Angleterre.

        ARMOIRIES    - Loré: d'hermines à trois quintefeuilles de sable. - Beaurepaire, Récalde, voir art. La Chaux.

        - Le Verrier, Broon, Ricoeur, voir Art. Le Champ-de-la-Pierre, - Langlois, voir art. Guêprei.

        L' ÉGLISE:  L'ancienne était romane. Vers le logis seigneurial et servant de clocher, s'élevait une haute tour carrée, à trois étages, dont les inférieurs

        étaient percés de meurtrières: c'était une construction du XVe siècle, dont l'abbé Macé suppose qu'elle servait de fort avancé pour le logis.

        Là était l'entrée. La tour épaulait la nef à murs bas et haut comble, comme d'ailleurs l'était le Chœur;  les fenêtres étaient étroites et distribuées sans régularité.

        Restaurée timidement et à plusieurs reprises, elle demeurait difforme et minable. Le Dr Gosselin en a donné une minutieuse description et l'inventaire de son

        mobilier (Annuaire de Normandie, 1935); le tout était assez pauvre si l'on excepte une croix d'argent et deux tableaux "cintrés". La chapelle de Rosaire et celle

        du seigneur, dans l'édifice même, étaient tout aussi misérables.

        En 1874 naquit le projet d'une église nouvelle, à la diligence de l'abbé Macé, alors vicaire, qui eut contre lui la municipalité et même le curé.

        La nef cependant fut achevée en 1878, la tour l'an suivant, la consécration eut lieu en 1881. L'édifice est construit en granit du pays, également en style roman

        mais son axe est perpendiculaire à celui de l'ancienne, l'entrée vers la route de Carrouges-La-Ferté-Macé. Le vaisseau est porté par dix piliers de granit

        d'un seul morceau et de 2 m de hauteur. La seule richesse est la garniture d'autel, Louis XIII, donné par l'abbé Dufriche-Desgenettes à son ami le curé Lapierre.

        Le curé Husson fit de ses mains les meubles de la sacristie et de l'église: stalles, confessionnaux, chaire. Incendiée par les bombardements le 14 août 1944,

        l'église était hors d'usage. En 1953, après des restaurations considérables, le service religieux y était rétabli et deux ans plus tard, les trois cloches étaient remplacées;

        les vitraux eux-mêmes l'ont été: ceux du chœur représentent la vie de saint Jean-Baptiste, le patron; quatre petits évoquent les quatre chapelles de Joué (La Raitière,

        Le Bel, St Jacques et St Roch) avec les armoiries des familles fondatrices.

        Dans la maçonnerie de la tour a été incorporé un linteau aux armoiries des Le Verrier, provenant de la chapelle seigneuriale, dédiée aux saints Hubert et Suzanne,

        en l'église; ce linteau a été dessiné dans la chaux, du comte de Contades.

        CURES:  - Le curé était seul décimateur et pourtant suivant les informations officielles, le dîme ne rapportait pas plus de 800 l.; au bénéfice s'ajoutaient deux près,

         La Hersonnière et Le Theil; le casuel était négligeable. mais presque tous ces pasteurs possédaient une fortune personnelle. Le partage de 1516 attribuait avec

         le manoir le droit de présentation au seigneur de Joué; or les mutations ultérieures embrouillèrent si bien les choses que chaque seigneurs de la paroisse

        se prétendit présentateur: Trois curés furent présentés à la fois. En 1547 l'évêque se prononça en faveur de Jean Le Verrier, seigneur de la Heurteventière et du

        champ-de-la-Pierre, dont les successeurs exercèrent le droit jusqu'à la révolution.

            Voici la liste des curés connus:

        1458, Jehan de Broon.  - 1485, André de Beaurepaire puis Jehan Daliphard, démissionnaire en 1530. - Bertrand de Colbar jusqu'en 1543 - 

        Jean de Valborel (1547-1553) , -   Jean Guillochin (1553-1556). - François Le Verrier (1556-1566). -  Michel Hubert (1556-1603). - Sébastien Bisson (1603-1606). -

        Michel Robichon du Mesnil (1606- 1626). - François Robichon (1626-1645), il fut alors condamné à l'exil. - Guillaume Vauclin de la Lande, escuyer (1645-1703). -

        Jean Guimard (1704- 1708). - Charles du Four du Chesné (1708-1720). - André Leboucher (1720-1734). - Jean Lysieux (1734-1772). - François Engérand (1773-1787),

        et son neveu Jean Engérand (1787-1792).

        Ensuite MM Lepasteur (1800-1803). - Duhéron (1803-1806), - Lapierre (1807-1850), Loublier (1851-1879). Constant Macé (1879-1891), Husson (1891-1903),

        Mahérault (1903-1920), - Vital Polet (1921-1925), Aug. Christophe (1925-1938), - Dumont 1938.

        ORGANISATION EN 1790. - Élection d'Alençon, bailliage de Falaise. Siège de la haute justice. diocèse de Séez, archidiaconé du Houlme, doyenné d'Annebecq.

   

   

   

                                                                                               

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